L'Institut neuchâtelois a été fondé en 1938 par un groupe de personnalités neuchâteloises en vue d'assurer "la restauration d'un esprit de responsabilité solidaire", mis au service d'une promotion active du patrimoine culturel et scientifique du canton. L'initiative d'une première rencontre revient à Gérard Bauer, alors titulaire d'importantes fonctions à l'Union suisse du commerce et de l'industrie à Zurich. S'inspirant du rôle que jouent les Chambres du commerce et de l'industrie dans le domaine économique, Gérard Bauer sollicitait l'appui de quelques intellectuels pour étudier et lancer l'idée d'un Institut neuchâtelois, qui tiendrait la même place fédérative au sein des organismes culturels du canton. Un "comité d'initiative" est mis en place en avril. Outre Gérard Bauer, il regroupe Claude et Emer DuPasquier, Raymond Jeanprêtre, Jean Kiehl, Fred Uhler et Daniel Vouga.

A ces pionniers se joignent bientôt William Hirschy, Albert Rais, Charles Humbert, Alfred Lombard, Maurice Neeser, Max Niedermann, Léon Perrin et Edmond de Reynier. Une assemblée constitutive se tient le 19 octobre 1938 dans la salle du Conseil général de Neuchâtel, au premier étage de l'Hôtel de Ville. L'Institut neuchâtelois est fondé. Depuis lors, il a traversé près de quatre-vingts ans sous l'autorité de onze présidents successifs. Ses ambitieux statuts lui confient la mission de concourir au maintien et au développement du patrimoine intellectuel neuchâtelois, d'assurer l'unité et la vie spirituelle du canton et d'en coordonner les diverses activités scientifiques et artistiques.

Ses membres individuels, choisis par cooptation, sont nommés à vie. Il est prévu que l'Institut ne percevra pas de cotisations, les dons et les legs devant suffire à financer ses activités. Ce bel idéalisme aura un temps. Mais ni les cadeaux ni les héritages espérés ne permettent à l'Institut de remplir toutes les missions qu'il s'était assignées et il doit constamment revoir ses objectifs et la manière d'en assurer la réalisation matérielle. En 1942 paraît aux Editions de la Baconnière le premier des Cahiers de l'Institut neuchâtelois. Malgré des hauts et des bas, cette belle série d'études neuchâteloises compte aujourd'hui trente-cinq volumes parus.

Lorsqu'il crée en 1960 le Prix de l'Institut Neuchâtelois, destiné à récompenser chaque année une personnalité neuchâteloise dont l'activité, le rôle et l'oeuvre paraissent mériter la reconnaissance du mondes des sciences et des arts du canton, l'Institut entre de plein pied dans la vie publique et médiatique. Depuis lors, il remet son prix annuel au cours d'une séance publique qui se tient un samedi de mars, le plus souvent dans une des aulas de l'Université de Neuchâtel.

Parallèlement, l'Institut neuchâtelois inaugure une politique en faveur des lycéens et lycéennes neuchâtelois pour lesquels il met en place ses Journées Culture et Jeunesse. En septembre de chaque année, deux douzaines d'étudiants de nos lycées sont invités par l'Institut neuchâtelois à découvrir une page thématique de la vie du canton: culturelle, industrielle, sportive, écologique, etc.

Plus récemment, l'Institut neuchâtelois a mis en place ses Journées Ouverture qui proposent à des adolescents et adolescentes placés dans des institutions éducatives, de quitter pour une journée leur cadre de vie ordinaire et de découvrir un monde nouveau: théâtre, atelier de sculpture, de peinture, etc. Enfin, renouant avec une tradition de ses débuts, l'Institut récompense par les Prix Lycées les meilleurs travaux de maturité rédigés par des étudiants et étudiantes de nos lycées académiques et professionnels.

Statuts de l'Institut neuchâtelois

Statuts du 20 mars 2010

 

Les présidents de l'Institut

Claude DuPasquier, professeur de droit à l'Université (1938-1947)

Maurice Neeser, professeur de théologie à l'Université (1948-1955)

Léon Perrin, sculpteur (1955-1958)

Louis de Montmollin, officier instructeur, commandant de corps (1958-1969)

Gaston Clottu, ancien Conseiller d'Etat (1969-1981)

Jean Haldimann, préfet des Montagnes neuchâteloises (1981-1986)

Paul Dinichert, physicien (1986-1992)

Michel de Montmollin, théologien, pasteur (1992-2002)

Jean-Pierre Jelmini, historien (2002–2007)

Thierry Béguin, avocat (2007-2013)

Philippe Terrier, directeur de l'Institut de langue et civilisation française (2013 -